Du Cabiau à Kinshasa

Mbote na yo!

11 novembre 2008

Fin!

Chers visiteurs,

Pour différentes raisons indépendantes de notre volonté, "Du Cabiau à Kinshasa" doit fermer. Nous regrettons cette situation. Avec son millier de visiteurs par semaine, ce site voulait être un outil de décloisonnement et d'échanges. Nous arrêtons en espérant que ces deux années de partage n'auront pas été veines.

Un certain nombre d'articles importants ont du être retirés. Vous pourrez cependant en retrouver les meilleurs extraits sur différents sites qui ont repris et/ou traduit des articles du Cabiau à Kinshasa : www.mouvements.be, www.globalvoicesonline.org, www.congoforum.be, www.btcctb.org ...

Nous vous remercions pour votre incroyable fidélité et vos très nombreuses marques de soutien.

Cordialement,

Cabiau

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23 juillet 2008

Kinshasa est baroque...

« Le baroque est un style qui se caractérise par l’exagération du mouvement, la surcharge décorative, les effets dramatiques, l’exubérance et de la grandeur parfois pompeuse. »

ndomboloAlors, Kinshasa est incontestablement baroque. La simplicité est rarement du goût des kinois. A la sobriété, ils préfèrent la surabondance. De l’architecture à la musique, de la danse à l’habillement. Ici, on force le trait. En particulier quand il s'agit de frimer, on aime l’excès.

Le ndombolo en est une belle illustration. Aujourd'hui, c’est «la» musique kinoise par excellence. Une musique et une danse nées ici et qui font bouger les filles jusque Dakar et Abidjan. C’est la fierté de tous les Congolais.

Généralement, les (très) longs morceaux de ndombolo commencent doucement pour évoluer vers le «sebene», la partie déjantée de la chanson, ces quelques minutes où la piste de danse entre en ébullition. Les riffs de guitares sont alors ininterrompus et le rythme ultracadencé. Là dessus se greffent les chanteurs et les ambianceurs qui donnent de la voix… en même temps! Pour le profane, cette partie est presque inaudible tant le style est chargé. C'est pourtant le coeur de l'ambiance kinoise.

Après un an et demi de Kinshasa, j’ai encore bien du mal à distinguer la différence entre Werrason, JB Mpiana ou Wazekwa. Mais je dois admettre que j’ai pris goût à cette joyeuse cacophonie. Lorsque les décibels s'affolent, impossible de rester assis. Si l’on se donne la peine de s’aventurer sur la piste, au milieu des miroirs et des déhanchements endiablés, on ne peut que succomber. On est alors entraîné dans des chorégraphies délirantes que tout bon kinois connaît sur le bout des doigts. C’est le feu. De la folie furieuse. C’est Kinshasa.

werrason_temps_presentIci, le ndombolo est une véritable religion. Malheureusement, son message est creux. Les paroles glorifient généralement la sape, les filles et… les sponsors. C'est le phénomène «libanga». Moyennant quelques centaines de dollars, une entreprise, une marque de bière, un homme politique ou un officier de l’armée peut voir son nom placé dans la chanson. On compte souvent plusieurs dizaines de ces dédicaces par morceau. La musique n’est plus qu’un support publicitaire. Curieusement, cela ne semble pas émouvoir grand monde. Au contraire, on se bat pour être cité dans le prochain tube de l’année.

Comme la «sape» et bien d’autres phénomènes sociaux ou musicaux, le «libanga» est né à Kin pour se répandre par la suite à travers continent. Kinshasa, c’est l’Afrique de l’Afrique. C’en est à la fois le cœur et la caricature. Comme un aimant, le noyau attire à lui ce qui l’entoure. Les éléments convergent vers Kinshasa. Une fois au cœur du cyclone, ils se mélangent, se transforment, renaissent et rejaillissent. Même si la ville a perdu de sa superbe, c’est ici que surgissent nombre d’influences qui se propagent ensuite alentours. Kinshasa est un bouillon de cultures. C’est le cratère du volcan. Tout ici est exacerbé... baroque…

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11 juillet 2008

De port en port…

Pointe_NoireIl y a en un an, ma vie sociale à Kinshasa était encore trop « naissante » pour que je ressente vraiment le phénomène. Cette fois, je le prends de plein fouet… comme un retour de boomerang. Et oui, les amitiés d’expatriés sont éphémères.

A beaucoup d’égards, l’expatriation est exaltante. D’une part, c’est l’occasion de découvrir un autre univers, de s’imprégner d’une autre culture. En soi, c’est déjà une richesse inestimable. Si on a la chance de trouver un pays accueillant et d’en parler la langue, les amitiés se créent naturellement. C’est à travers elles que l’on va progressivement apprivoiser le pays, en comprendre la culture et le fonctionnement.

Mais à côté des liens très forts que l’ont peut tisser avec les « locaux », une part importante de la vie sociale est partagée avec d’autres expatriés. Je voulais vous en parler un peu aujourd’hui.

A la descente de l’avion, on est tous perdus. On veut tout voir, tout comprendre mais on manque de repères. On cherche tous azimuts et rapidement on se rend compte qu’on est pas seul dans le cas. D’autres empruntent la même route de l’aventure. Certains, plus anciens, sont même un peu plus loin. Alors, confrontés aux mêmes surprises, aux mêmes incompréhensions, on se retrouve, on échange et on avance.

Cabiau__Fabien_et_MotchiEvidemment, chacun va à son rythme. Les plus entreprenants connaissent déjà le Lingala quand d’autres se demandent toujours qui est Kabila. Les uns ne jurent que par "la cité" alors que certains refusent de sortir de Gombe. En fait, chacun réagit à sa manière au choc culturel. Souvent, cela dépend de l’histoire personnelle de chacun. Les vieux baroudeurs qui en sont à leur dixième pays d’Afrique sont peut-être moins enthousiastes à l’idée de manger de la chèvre au milieu du brouhaha et des gaz d’échappements. Mais les écouter parler n’en est pas moins intéressant. 

De manière générale, les « mundele » que l‘on rencontre sous ces latitudes ne laissent pas indifférent. Qu'on apprécie ou non leurs motivations, il faut tout de même un peu de détermination et de suite dans les idées pour atterrir sous l’équateur. Mais évidemment dans le tas, on trouve de tout : des saints comme des brigands. J’étais à peine arrivé que l’un d’eux me disait que la différence entre un touriste et un raciste était une question de semaines. Vous l’aurez compris, à chacun de faire son tri.

IMG_1994A côté de ceux là, on trouve forcément une foule de semblables, des gars qui se retrouvent là pour les mêmes raisons que toi. De surcroît, à Kinshasa, les compatriotes du plat pays ne manquent pas. Souvent, il ne faut pas le dire deux fois. Le courant est immédiat. Avec de tels points communs et confrontés aux mêmes défis, les amitiés sont... fulgurantes!

Mais voilà, toute médaille a son revers. Je l’avais peut-être un peu oublié, mais ces amitiés sont condamnées… La précarité des contrats des coopérants et leur soif de découverte en font des voyageurs invétérés. Après trois ans à Kinshasa, on est déjà un dinosaure, après cinq on est complètement fossilisé. Voilà pourquoi il faut garder à l’esprit que les belles rencontres que l’on peut faire ne seront qu’éphémères.

Chaque été vient la période des grands remaniements. L’exode précède les nouvelles arrivées. Les « Au revoir » sont généralement des « Adieu ». Je comprends désormais que les années passant, les vétérans s’investissent moins qu’avant dans les nouvelles relations. Ce sera sans doute également mon cas… jusqu'au jour où moi aussi, je ferai mes valises.

Posté par cabiau à 14:15 - Réflexions perso - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02 avril 2008

TP Staff BM en sigle...

staff_bmVoici en primeur le poster officiel 2008 du Tout Puissant Staff Bon Marché. A l'instar de son grand frère Lushois, le TP Mazembe, notre jeune équipe s'apprête à rafler tous les trophées. Notez au passage ses deux recrues "mundele" dont le rôle principal est de déforcer l'équipe. On appelle ça le respect de l'adversaire...

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20 mars 2008

Ceci n'est pas une fiction...

potenceVoilà un an que je passais tous les jours devant cette étrange potence. Un vestige d’une autre époque dont je me demandais bien l’utilité passée. Elle trône sur le boulevard Kasa-Vubu dans la commune de Bandal. Je me disais qu’elle avait du en son temps suspendre un panneau de signalisation… une publicité peut-être.

Je n’en avais pas fait une obsession. La question ne m’empêchait pas de dormir. Ce genre de mobilier urbain désuet n'est pas rare à Kinshasa. A vrai dire, j’en avais complètement oublié l’existence… jusqu’à jeudi dernier.

Alors que je partageais une Primus avec un ami dans un vieux bar du centre ville, un « papa » s’est présenté à nous avec un guide touristique du Congo-Belge rédigé en flamand en 1958. Ce genre d’ouvrage attire généralement mon attention. Il y a souvent quelques perles à y découvrir. Le pays a tellement changé…

Mais quelle ne fut pas ma surprise d’y retrouver la vieille potence de Bandal. Sur la photo, on l’aperçoit surplombant… un bus!?!? En une photo, ma curiosité était aiguisée. Je devais en savoir plus. Cette ville aurait-elle connu des transports publics performants? De l’électricité de qualité??? Il fallait faire la lumière…

gyrobus_leopoldstadLes technologies modernes m’ont rapidement permis d’élucider le mystère. Sur internet, j’ai ainsi pu découvrir que Léopoldville avait servi de laboratoire géant pour un réseau de transport en commun… hors du commun. Au début des années cinquante, une firme suisse avait mis au point un nouveau type de bus révolutionnaire. Le Gyrobus : un véhicule électrique sans câble jamais rencontré auparavant.

Le concept technique est fascinant. Il mérite le détour. Pour faire simple, une borne électrique de rechargement est installée tous les deux kilomètres et permet de relancer un volant de 1500kg (1,6m de diamètre) suspendu sous le véhicule. Celui-ci, en tournant à très grande vitesse (3000 tours/min.), emmagasine l’énergie nécessaire pour rejoindre l’arrêt suivant. Il faut alors 30 à 120 secondes pour faire le plein d'énergie en redonnant au volant sa pleine rotation.

reisgidsLes 12 gyrobus de Kinshasa parcouraient alors quatre lignes. Ils pouvaient chacun embarquer 90 personnes à plus de 60km/h.

Seules trois villes au monde ont vu circuler ces véhicules précurseurs : la ville suisse du constructeur, Gand et Kinshasa.

Malheureusement, on ne peut pas dire que l’initiative ait été couronnée de succès. Après quatre ou cinq années de fonctionnement, les gyrobus ont disparu de la circulation. Plusieurs raisons ont été évoquées. Les véhicules auraient souffert d’une usure précoce, ils auraient mal supporté l’humidité locale et les chauffeurs auraient pris trop de raccourcis sur des pistes en terre d’ou il était bien difficile de les extraire une fois les batteries déchargées.

Mais en ces temps de réchauffement climatique et de métropoles asphyxiées, alors que Kinshasa est paralysée par les embouteillages et que j’ai tout le mal du monde à allumer une ampoule de 30 watt dans ma maison… ce projet laisse rêveur.

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12 mars 2008

Des pains en or...

pain_victoireIl y a quelques semaines, par un heureux hasard, je me suis retrouvé autour d'une pizza avec le directeur d'une grande entreprise brassicole de la place. Comme la musique ou la religion, le houblon est un acteur clé de la vie kinoise. Dans les coins les plus inaccessibles de la capitale, par delà le sable et les érosions, là où il n'y a ni routes ni électricité, la bière est fraîche et abondante.

Au début des années nonante, alors que deux vagues de pillages ruinaient durablement le pays, les brasseries étaient curieusement épargnées... Cela donne une idée de l'importance du personnage sur la scène économique et sociale (!!!) locale. L'homme a une multitude d'anecdotes invraisemblables à partager. Il connaît la ville comme sa poche. Bonheur! Je buvais du petit lait.

Selon lui, il y a trois secteurs particulièrement porteurs à Kinshasa: les télécommunications, la bière et... le pain. Pour les deux premiers, pas de doute possible. La concurrence est acharnée et les publicités colorent la ville. Des milliers de commerces sont repeints à grands frais aux couleurs du sponsor le plus offrant.

victoirePour le pain, cela me semblait moins évident. Je connaissais bien quelques "usines de panification" (= boulangerie industrielle kinoise), mais à cent francs la baguette (0,2$), j'étais loin d'imaginer qu'il s'agissait d'une mine d'or. Depuis cette rencontre, les faits ont confirmé ces prédictions. J'ai ouvert ma propre boulangerie et je suis devenu millionnaire... ... Bon, je plaisante. Mais un autre que moi a connu cette chance. Une immense usine de panification a ouvert ses portes à quelques encablures du stade des martyrs. Les "pains victoires" ont envahi la capitale. Des centaines de mamans sillonnent désormais la ville, leur précieuse cargaison sur la tête. Werrason, la star de la chanson, les a rebaptisés "kanga journée": un pain et tu n'as plus faim... jusqu'au lendemain.

Le revers de la médaille, c'est l'origine de la farine... systématiquement importée! Comme trop de produits consommés ici, chaque pain est un transfert au profit des agro-alimentaires multinationaux. Américains, européens ou brésiliens les heureux producteurs de blés ne parlent pas un mot de Lingala. Dans ce pays au potentiel agricole exceptionnel, n'y a-t-il donc pas moyen de consommer congolais? On en reparlera...

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07 mars 2008

Pour attirer le client...

Apocalypse

A Kinshasa, on peut dire que la religion est dans tout et parfois même... tout dans la religion. Les Kinois sont très croyants. Comme souvent en Afrique, il est inconcevable de ne pas appartenir à une religion ou de manquer le culte hebdomadaire. Dieu existe. C'est une certitude!

A côté des trois grandes églises traditionnelles (catholique, protestante et kimbanguiste) une multitude d'églises de réveil fleurissent à travers la ville. Elles font chanter les foules et déchaînent les passions.

Évidemment, il y a à boire et à manger dans ces nouvelles formes de spiritualité. De nombreux pasteurs autoproclamés s'enrichissent sur la crédulité de leurs fidèles. Certains peuvent aussi tenir des discours véritablement destructeurs. Le phénomène des enfants sorciers rejetés de leur famille en est le pire exemple.

Dans tous les cas, quelle que soit l'interprétation qui en est faite, la Bible est partout. Ainsi, il n'est pas rare de voire des versets de l'Evangile sur les vitres des taxis ou sur la devanture des magasins. Lorsque la place manque pour écrire une phrase en entier, ses références suffiront... Nul n'est sensé ignorer la Parole de Dieu! Pas sur pourtant que "Apocalypse 22" séduira le touriste de passage...

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27 février 2008

Et la vie continue...

cabinemoteur

maison_communaleIl y a quelques mois, un Antonov causait la mort d'une trentaine de personnes en s'écrasant sur un quartier de Kinshasa. Aujourd'hui, les débris de l'avion sont abandonnés sur le bord de la route qui mène à l'aéroport. Ils narguent les voyageurs qui vont s'envoler. Mais personne ne s'intéresse plus à eux. La jungle urbaine les a engloutis...aile

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22 février 2008

"Changement des mentalités"...

Chef_de_BureauDans les administrations congolaises, les ressources humaines dépassent souvent les moyens matériels. Les fonctionnaires s'entassent parfois par dizaines dans des bureaux trop exigus créant une ambiance assez peu propice au travail. Mais l'heure est au changement. Conscients des défis à relever, nombreux sont ceux qui retroussent leurs manches pour sortir le pays de l'ornière...

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19 février 2008

Bon anniversaire...

Cabiau"Du Cabiau à Kinshasa" souffle aujourd'hui sa toute première bougie. Un an d'aventures et de découvertes que j'ai voulu partager avec vous sur la toile. J'ai souhaité offrir un autre regard sur Kinshasa. Un point de vue personnel, différent de celui que nous recevons généralement des médias.

Chaque semaine, vous êtes plus de 500 à visiter ce site. 130 articles ont été mis en ligne pour un total de 75 000 pages consultées. Merci pour votre fidélité et pour l'intérêt que vous portez à la RDC... C'est vous qui me poussez à continuer.

Posté par cabiau à 08:04 - Les aventures - Commentaires [13] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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